Today's Cover page

 TODAYS WEATHER 

 
 

MAIN PAGE
  ARCHIVES  
  ADVERTISE  
  REAL ESTATE  
  EXCHANGE RATES  
  SPORTS  
  REGIONAL NEWS  
  CONTACT US  
     

  COUNTRY INFO
  SEYCHELLES  
  GOVERNMENT  
  HISTORY  
  GEOGRAPHY  
THE PEOPLE  

  TOURISM   
  IN SEYCHELLES  
  TRAVEL INFO  
  HOTELS  
     

  BUSINESS  
  IN SEYCHELLES  
  BUSINESS INFO  
  DIRECTORY  
     

     
     
FREE NEWSLETTER

Join our Mailing List!


Subscribe  Unsubscribe 

     
     
   
ENTRETIEN AVEC....
Dr Christophe Lavergne
Spécialiste des plantes envahissantes

"Les plantes envahissantes c'est comme un cancer, une fois installées c'est trop tard"

Aux Seychelles pour des vacances Dr Christophe Lavergne n'a pas daigné grignoté sur son temps pour donner une conférence sur les plantes envahissantes dont il est l'un des meilleurs spécialistes dans la région.

Botaniste résidant à La Réunion, Dr Lavergne est en effet l'auteur d'une thèse sur la stratégie de l'invasion d'un arbuste appelé ligustrum robostrum.. Il est le Coordinateur pour le compte de la FAO d'une étude que cette organisation est en train de faire sur les plantes envahissantes à La Réunion. Il est également Responsable du programme INVABIO (Programme de l'invasion biologique), un projet mené conjointement par l'Université de la Réunion et le Conservatoire Botanique National de Mascarin.

Avant sa conférence, donnée à l'Institut National de l'Education à Mont Fleuri, Dr Lavergne a bien voulu rencontrer la presse.

Avant de parler de votre conférence pourriez-vous nous révéler l'objet de votre visite aux Seychelles ?

Tout d'abord, je suis en vacances. J'ai eu des contacts aux Seychelles avec deux étudiants suisses qui m'ont proposé de faire une conférence sur mon domaine de compétence. J'ai accepté de terminer donc mon séjour avec une conférence sur les plantes envahissantes à La Réunion. Cette expérience peut être mise à profit par les Seychelles.

L'objectif de la conférence est de montrer qu'à La Réunion on a les mêmes problèmes et qu'on pourrait les résoudre de la même façon. Le message sur lequel je tiens à me concentrer au cours de cette conférence, c'est montrer qu'il devient très difficile de combattre les plantes envahissantes, une fois qu'elles se sont déjà installées. Le mieux est de les détecter à temps avant la catastrophe.

Comment fait-on pour détecter une plante envahissante ?

Il y a plusieurs moyens de détecter les espèces de plantes envahissantes. D'abord, il faut se tenir au courant des cas d'invasion de telle ou telle espèce dans le monde. Si une espèce est envahissante dans un autre pays qui a un peu le même climat ou le même environnement, c'est déjà un signe qu'elle peut devenir envahissante là où elle ne l'est pas encore.

Le deuxième signe, c'est un comportement déjà envahissant dans une localité aux Seychelles. Quand elle commence à s'échapper déjà à l'endroit où elle a été plantée dans le jardin, c'est déjà là un signe.

Il est reconnu à l'échelle mondiale que pour les îles océaniques telles que les Seychelles la menace la plus importante actuellement pour la biodiversité. ce sont les invasions. Il est vrai que les Seychelles ne sont pas de vraies océaniques à la différence de La Réunion qui est née d'un volcan. Mais il est reconnu par tous que le challenge, c'est le combat contre les invasions, qu'elles soient végétales ou animales.

Fort de l'expérience réunionnaise, vous avez certainement certaines solutions en poche. Comptez-vous en proposer aux Seychelles ?

J'ai peut-être quelques suggestions qu'on est en train d'appliquer à La Réunion. A la fin de la petite présentation, j'évoquerai quelques conseils qui peuvent être appliqués à la fois par la population et par les autorités.

Concrètement ?

Je ne suis ici que depuis 15 jours donc je ne connais pas bien comment le système fonctionne, mais le premier conseil que je donnerai c'est de bien contrôler tout ce qui rentre par les frontières (aéroport, port etc...) notamment les plantes ornementales. A La Réunion, toutes les plantes envahissantes sont des plantes ornementales. La démarche est un peu antagonique. En même temps que l'on veut embellir l'île pour plaire aux touristes en même temps ces plantes présentent un danger pour la biodiversité.

Pourriez-vous nous indiquer quelques plantes envahissantes que vous avez remarquées lors de vos pérégrinations ?

Dans beaucoup d'îles que j'ai visitées, notamment Silhouette, j'ai remarqué que le clydémia (appelé tabac-boeuf à La Réunion) est un problème préoccupant. C'est un petit arbuste qui, une fois qu'un arbre tombe, -  par exemple l'albizia - occupe immédiatement l'espace laissé, empêchant ainsi la recolonisation de la forêt. C'est une espèce qui est envahissante dans de nombreux pays, notamment dans les îles du Pacifique et de l'Océan Indien. A La Réunion , on ne sait pas comment on va faire pour se débarrasser de cette espèce qui a commencé à envahir aussi les champs de canne à sucre. C'est un danger pour les forêts naturelles. Aux Seychelles, apparemment, c'est nouveau comme espèce envahissante.

Devons-nous comprendre qu'il n'y a pas de solution pour éliminer les espèces envahissantes une fois qu'elles se sont installées ?

Une fois que l'espèce s'est installée, c'est trop tard. C'est comme un cancer, plus il est vite détecté, plus il y a des chances de le guérir. Mais s'il est déjà au stade final, il n'y a plus rien à faire. C'est dire qu'il faut faire attention à ne pas introduire de nouvelles espèces. Il faut prendre le problème à la source.

Généralement, les autorités s'intéressent au problème quand c'est trop tard. Il faut mettre un peu plus de moyens dans le système de détection précoce de ces plantes. Il faut agir sur le terrain dans les endroits les plus riches, notamment les réserves. Il y a des plantes envahissantes qui se sont déjà installées, comme la prune de france.

Pour la détection rapide, on peut mettre en place, via le département responsable des forêts, des sites d'observation permanente. Comme ça, au moindre comportement envahissant, on tire le signal d'alarme et on agit tout de suite. Il ne faut pas attendre que ça se propage.

Quelles sont les espèces qui, selon vous, doivent être surveillées attentivement par les autorités ?

Nous avons le clydemia, l'alstonia que j'ai pu observer sur les glacis. Mais pour les pays au climat équatorial comme les Seychelles, le plus grand danger est représenté surtout par des arbres comme l'albizia, qui se développe très rapidement, environ 7 mètres par an, m'a-t-on dit. Une fois qu'ils sont grands ils ont une durée de vie très courte, ils tombent alors que les forêts seychelloises ne fonctionnent pas par chabis comme les forêts équatoriales de l'Amazonie, par exemple. En plus, ces arbres font de l'ombre aux espèces endémiques. Ça crée un sérieux problème puisque ca épuise les ressources en eau du milieu et ça crée un régime de perturbation qui n'est pas celui des Seychelles. Ce problème m'a vraiment marqué en visitant les Seychelles.

Vous avez classé les prunes de france au nombre des plantes envahissantes, mais apparemment celles-ci ont été plantées afin d'arrêter l'érosion dans certaines régions. N'y a-t-il pas là une contradiction ?

Je pense qu'avec les prunes de france, il n'y a plus rien à faire, sauf peut–être dans les réserves riches où elles ne se sont pas encore installées. La prune de france vient d'être introduite à La Réunion. J'ai fait ici beaucoup de photos pour aller montrer là-bas que l'introduction de cette plante n'est pas une très bonne idée.

Pour ce qui est de l'érosion, je pense qu'il y a d'autres espèces anti-érosives moins dangereuses que l'on aurait pu choisir. J'ai vu ici des forêts impénétrables de prunes de france, et je pense qu'il est trop tard pour les contrôler.

En somme, votre message c'est la protection de la forêt naturelle contre l'introduction de toute autre espèce.

Le message qu'il y a derrière mon exposé, c'est la conservation de la biodiversité telle qu'elle est. Il faut faire tout pour ne pas l'éroder. La menace préoccupante pour les îles, ce sont les invasions. Aussi vais-je parler des espèces potentiellement envahissantes qu'on a à La Réunion.

 

LINKS

 

The Seychelles Nation Newspaper's office 
Long Pier Road,Victoria Seychelles, P.O.Box 800 
Victoria , Seychelles
Tel: (248) 225775 or 722680 on weekends & public holidays           Fax: (248) 321006 

Copyright 2000 © Seychelles Nation 

E-mail webmaster for comments & suggestions  

BACK TO TOP