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Ils
étaient 122 fonctionnaires à se présenter aux examens de français
sur objectifs spécifiques au SIM (Seychelles Institute of Management),
après deux ou trois années de cours dispensés par les coopérantes
françaises Pascale Canova et Ketty Philippe. Ces cours qui s'adressent
à tous les fonctionnaires utilisant le français dans l'exercice de
leur profession sont gérés par le Ministère de la Fonction publique
et du Développement de la Main d'Oeuvre.
Seychelles
Nation a
rencontré certains candidats afin de recueillir leurs impressions sur
ces cours. Nous avions porté notre choix sur six candidats, mais quatre
seulement étaient disponibles le jour de l'interview. Ce sont Geva
Freminot (SBC - Seychelles Brodcasting Corporation), Vincent Lucas (SFA),
Sabrina Camille (Ministère du Tourisme) et Lindy Labonté (Bibliothèque
Nationale), que nous vous invitons à lire.
Geva
Fréminot - Programmatrice à
SBC
"J'ai
32 ans et je suis programmatrice à SBC où je travaille depuis 12 ans.
Je suis venue à ce cours de français un peu par hasard, parce que
quand le Ministère de la Fonction Publique a envoyé les fiches
d'inscription dans les services, j'étais en congé. Ce sont mes collègues
qui ont donc donné mon nom. J'ai fait le test et j'ai été acceptée.
J'ai
bien apprécié les cours, parce que depuis la fin de mes études à
Polytechnique j'avais complètement arrêté d'étudier le français.
Ainsi, quand on est arrivés en classe on a repris l'apprentissage des
temps, la grammaire et les autres besoins du français pratique. J'ai été
conquise, parce que cela m'ai aidé à bien structurer mes phrases et à
mieux comprendre la langue. Etant chargée de programmes, j'ai besoin de
bien comprendre les documentaires français ou en français et parfois
il me faut écrire de petits résumés pour le journal.
Vous
me demandez qu'elle est la fréquence de l'utilisation du français au
service ? Je dois avouer
qu'au service nous dialoguons très rarement en français. Nous
n'utilisons le français que si notre interlocuteur ne comprend que
cette langue. Néanmoins, j'encourage tout le monde à suivre les cours
organisés par le Ministère de la Fonction Publique. D'abord parce que
le français est une belle langue. Ensuite nous sommes dans un pays où
l'on utilise souvent cette langue. Enfin un diplôme en français vous
donne encore plus de chance pour décrocher un emploi facilement. C'est
pourquoi je ne m'arrêterai pas au DELF (Diplôme d'Etudes en Langue
Française). Mon prochain objectif est le DALF, Diplôme Approfondi de
la Langue Française."
Vincent
Lucas - 27 ans, biologiste à SFA
"Je
suis biologiste à la SFA (Seychelles Fishing Authority ou en français
l'Autorité Seychelloise de la Pêche. C'est en réponse à une
circulaire du service annonçant l'organisation de ces cours que je me
suis fait inscrire. Parce que mon travail demande une certaine formation
en français. Depuis le NYS (National Youth Service), je n'utilise plus
le français. Alors, il me fallait acquérir une formation plus pratique
dans cette langue parce que, dans le cadre de mon travail, les besoins
sont multiples. En effet, non seulement je rencontre fréquemment des
chercheurs et des capitaines de bateau français, mais je dois aussi écrire
des correspondances en français. En plus, je participe parfois à des réunions
où le français est la langue de travail. Voilà les raisons de mon
inscription à ces cours qui m'ont permis d'améliorer mes connaissances.
Grâce à ces cours, que j'ai suivis pendant deux ans, je me sens
beaucoup plus à l'aise dans l'exercice de mes charges.
En
ce qui concerne l'avenir, je ne sais pas comment les choses vont se dérouler.
J'aurais bien voulu continuer les cours mais je crains que mon travail
ne me force à y renoncer. En effet, il y a des moments où je dois
aller en bateau pour une semaine ou plus avec les chercheurs français,
comme il arrive parfois que certains ateliers de travail durent une
semaine ou plusieurs jours. Avec un tel programme, ça va être
difficile d'être régulier au cours.
D'une
façon générale, je crois que le français doit être encore mieux
soutenu dans notre pays. Parce que je ne crois pas que les gens soient
encouragés à le pratiquer. Une fois qu'on quitte l'école, on n'a plus
aucune chance de pratiquer son français. C'est dommage."
Sabrina
Camille - 27 ans Secrétaire au Ministère du Tourisme et des Transports
"J'ai
suivi les cours pendant trois ans. Je suis contente, parce que, au cours
de ces trois ans, j'ai appris beaucoup de choses qui me permettent
aujourd'hui de bien faire mon travail de secrétaire. Pendant les cours,
j'ai appris, entre autres, comment écrire une lettre administrative et
comment prendre les notes au cours des réunions. Bref, tout ce j'ai
appris m'aide aujourd'hui dans mon travail.
Auparavant
mon niveau était quelconque malgré que j'ai fait deux ans à
Polytechnique où j'ai appris le métier de secrétaire.
Ce
dont je suis fière aujourd'hui c'est que je n'hésite plus à parler le
français maintenant. Mieux quand j'écris les textes, je fais
maintenant moins de fautes. Et puis s'il n'y a pas de clients, je parle
avec le Conseiller technique qui aime et qui parle bien français. De
cette façon, je ne vais pas perdre ce que j'ai appris. A mon avis, la
pratique est la clé de la maîtrise du français.
Ces
cours m'ont permis d'avoir plus confiance en moi-même et je ne m'arrêterai
pas au DELF. Mon objectif, c'est de décrocher le DALF."
Lindy
Labonté
Secrétaire à
la Bibliothèque Nationale
27 ans
Quand
j'ai été informée qu'il y avait ce cours je me suis inscrite pour
passer le test. Une fois acceptée, j'ai commencé comme débutante.
J'ai suivi les cours pendant trois ans. Mon objectif c'est d'aller le
plus loin possible.
Les
cours me sont d'un grand secours dans la mesure où nous avons des
correspondances à écrire en anglais et en français. Dans ce contexte,
je me suis beaucoup améliorée et je me sens de plus en plus à l'aise
en français.
Nous
étions nombreux au début du cours mais au fil du temps il y a des collègues
qui ont décroché en chemin. Ils doivent le regretter aujourd'hui parce
que ces cours sont très intéressants et nous aident beaucoup dans
l'exercice de notre profession.
En
ce qui concerne l'avenir, si les résultats de l'examen sont positifs je
n'hésiterai pas à continuer. Notre professeur nous a cependant annoncé
qu'elle allait rentrer et qu'elle ne savait pas si elle serait remplacée.
Ce serait dommage si nous devions interrompre ainsi notre
formation."
Propos recueillis par M. Lepathy
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