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Les thons avaient
été régulièrement exploités dans la zone des Seychelles depuis janvier
1955, en particulier par les palangriers japonais et par ceux de Taiwan.
Toutefois, ces captures étaient réalisées avant l’instauration des
zones économiques exclusives et elles étaient toutes débarquées au Japon ;
de ce fait, elles n’ont pas eu d’impact économique positif pour les
Seychelles
Le grand démarrage
de l’industrie thonière aux Seychelles est en fait indiscutablement lié
au fort et rapide développement de la pêche à la senne depuis les années
1980 : avant le 29 Janvier 1981, aucun senneur n’avait mis l’eau son
filet dans la région des Seychelles. C’est à cette date, que le senneur
français Ile de Sein, le premier senneur à explorer la région dans le
cadre d’un accord entre un armements français, l’Armement Coopératif
Finistérien, et le gouvernement des Seychelles, a quitté le port de
Victoria fin Décembre 1980 pour tenter de capturer des thons à la senne
dans la région. Beaucoup d’experts pensaient alors que ce serait une
tache très difficile du fait de la grande profondeur où vivent les
thons dans la région : sa senne atteignait au maximum une profondeur de
70 mètres, alors qu’on savait que les thons de l’Océan Indien nagent
très souvent entre 100 et 200 mètres de profondeur. L’Ile de Sein était
un petit senneur de seulement 47 mètres de longueur et de moins de 400
tonnes de capacité, construit en France à Saint Malo et âgé alors de 11
ans. Ce bateau était ainsi beaucoup plus petit que tous les senneurs qui
fréquentent aujourd’hui le port de Victoria. Après quelques semaines de
prospections plutôt encourageantes réalisées à l’est de la ZEE des
Seychelles, le bateau dirigé par son patron Yannick Le Guirriec et son
second Yves Hallier, revient dans la zone des Seychelles et il réalise
alors le 29 Janvier 1981, au sud-ouest d’Alphonse par 8° Sud et 50° Est,
le premier coup de senne positif jamais encore réalisé dans la ZEE des
Seychelles. Ce premier coup de senne « historique » a capturé seulement
3 tonnes de thons, sous un objet flottant naturel. Cette première
campagne de prospection par l’Ile de Sein aura des résultats qui
aujourd’hui semblent très modestes : une capture de seulement 320 tonnes
en 80 jours de mer, alors que les senneurs actuels capturent souvent ce
tonnage en une seule journée. Les modestes 3 tonnes capturées ce jour
par l’Ile de Sein restent indiscutablement une première page historique
dans la construction de l’industrie thonière aux Seychelles.
Suite au relatif
succès des pêches de l’Ile de Sein, la seconde étape de ces prospections
thonières est intervenue par un autre senneur français l’Yves de
Kerguelen, ceci sur financement de la Coopération française et avec un
fort soutien des scientifiques de l’ORSTOM (actuellement IRD).
Rapidement ce seront ensuite trois autres senneurs français qui
renforceront ces prospections. Ces 4 senneurs captureront de Novembre
1982 à Juin 1983 un total de 8400 tonnes de thons : ces pêches encore « expérimentales »
tiraient les enseignements des prospections de l’Ile de Sein réalisées
l’année précédente.
Le grand démarrage
de la pêche thonière à la senne aux Seychelles interviendra en fait
l’année suivante, au premier trimestre 1984: les captures des senneurs
de l’Atlantique était alors très médiocres suite à un exceptionnelle
phénomène de « El Niño » qui s’était développé dans l’Atlantique (eaux
chaudes en surface qui rendent impossible la capture de thons). Presque
tous les senneurs français et espagnols, soit 31 bateaux, abandonnent
alors brutalement l’Atlantique, ayant eu connaissance des résultats
positifs des prospections menées de 1981 à 1983 et ayant signé fin 1983
les premiers accords de pêche avec le gouvernement des Seychelles.
Depuis lors cette implantation des senneurs n’a fait que se développer,
avec un accroissement soutenu de la flotte (50 senneurs actuellement),
mais surtout la grande modernisation de ces bateaux et aussi le
spectaculaire accroissement de la taille de ces senneurs.
Depuis 1981, près
d’1 million de tonnes de thons ont ainsi été capturées par les senneurs
dans la ZEE des Seychelles, dont une partie significative a été mise en
conserve localement, apportant de solides revenus directs et indirects à
l’économie seychelloise . Victoria est désormais devenu le premier port
thonier au monde, et sa conserverie IOT est aussi l’une des plus
importantes au monde. L’industrie thonière est désormais devenue d’une
importance essentielle dans l’économie des Seychelles : ce 29 Janvier
1981 peut ainsi être considéré comme étant une première page historique
dans ce développement.
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