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INTERVIEW AVEC. ....

Le Ministre délégué à la Coopération et à la Francophonie
"Il n'y a pas de nuage dans les relations franco-seychelloises"

Le Ministre délégué à la Coopération et à la Francophonie de la République Française M. Pierre-André Wiltzer a récemment séjourné aux Seychelles où il a participé à la 19ème session ordinaire du Conseil des Ministres de la Commission de l'Océan Indien qui s'est déroulée les 12 et 13 février à l'Hôtel Berjaya Mahé Beach. Quelques heures avant le démarrage des travaux le ministre français a apposé sa signature au bas d'une Convention de subvention relative à l'appui à la diffusion des programmes de TV5 aux Seychelles. Avant cette signature, à National House, M. Wiltzer a été le témoin privilégié d'une autre cérémonie de signature d'un Accord-cadre sur la coopération entre les Seychelles et La Réunion. C'est à l'issue de cette double cérémonie qui s'est déroulée dans la matinée du 12 février que M. Wiltzer s'est gentiment prêté aux questions de Seychelles Nation qui suivent.

Monsieur le Ministre nous ne pouvons nous empêcher de vous poser cette question incontournable : quel est l'état des relations franco-seychelloises ?

L'état des relations est très bon. Nous avons le souci, que ce soit du côté des Seychelles ou du côté de la France, d'amplifier autant que possible cette relation

Pouvons-nous dire que dans le ciel franco-seychellois il n'y a aucun nuage ?

J'ai l'impression que depuis un bon moment, elles se développent sans nuage. Je sais qu'il y a un certain nombre d'événements qui sont régulièrement célébrés et qui témoignent de l'attachement des deux pays au développement de la Francophonie. La Francophonie a d'ailleurs pas mal évolué dans sa conception. Aujourd'hui, la Francophonie c'est la pionnière de la diversité culturelle. Nous souhaitons tous ensemble préserver notre lien culturel, l'usage de la langue française  mais à travers ça aussi, préserver les cultures, les civilisations et les langues des pays qui font partie de la francophonie. Les Seychelles, de ce côté, ont effectivement aussi leur identité à préserver.

Vous savez sans doute que chaque année les Seychelles organisent une Semaine de la Francophonie. La volonté des organisateurs de donner chaque année une nouvelle dimension à cet événement ne s'est jamais démentie. Mais on ne peut pas en dire autant de l'aide que la France apporte à cet événement. Avez-vous l'intention de faire quelque chose dans ce domaine ?

Les informations que j'aie ne m'indiquent pas que l'aide de la France diminue. Je crois que le soutien financier apporté à cette célébration de la Francophonie qui est importante à mes yeux, va être maintenue cette année, comme ça été le cas les années précédentes. Je ne crois pas qu'il y ait à redouter un quelconque désengagement de la France.

Dans le domaine de l'éducation on constate également une certaine incohérence dans les volontés exprimées et les actes qui suivent. Du côté seychellois, pendant que l'on note une augmentation du nombre d'étudiants désireux d'embrasser la carrière d'enseignants de français, du côté français le nombre de bourse mise à disposition dans ce secteur est revu à la baisse.

Il y a effectivement une grande demande de bourses dans le monde entier. Et le gouvernement français a l'intention d'augmenter le nombre de bourses offertes progressivement. Pendant les années qui se sont écoulées, il vrai qu'il y a eu une réduction, à la fois des moyens financiers accordés à la Francophonie et à la Coopération. Le nouveau gouvernement, à la demande du Président Jacques Chirac, a décidé de faire le chemin inverse, c'est-à-dire augmenter les moyens. Evidemment, cela se fera progressivement, notre souci étant de pouvoir accueillir, dans de bonnes conditions, davantage de boursiers.

Vous êtes à votre première visite aux Seychelles en tant que Ministre délégué à la Coopération et à la Francophonie, ce qui ne veut pas dire que vous êtes à votre premier contact officiel avec l'archipel. Pourriez-vous préciser pour nos lecteurs, les circonstances de cette première visite ?

C'est dans le cadre de mes activités précédentes, c'est-à-dire mes activités parlementaires, que j'ai eu l'occasion de venir pour la première fois aux Seychelles. C'était en 1992,  à l'occasion des consultations électorales qui avaient eu lieu à l'époque. L'Assemblée nationale dont je faisais partie avait été sollicitée pour assister aux opérations électorales.

Je suis aussi revenu à titre privé.

Quelques heures après votre arrivée aux Seychelles, vous avez rencontré le Vice-Président James Michel, à State House.  Quel était l'objet de cette rencontre ?

C'était d'abord une visite de courtoisie. Mais c'était aussi l'occasion de faire le point, comme je l'ai fait ensuite avec le ministre des Affaires étrangères, M. Jérémie Bonnelame, sur toute une série de sujets qui sont soit des questions bilatérales, soit des questions d'ordre régional ou international.

Nous avons parlé d'un certain nombre de points comme par exemple TV5, le développement de la coopération régionale entre la France et les Seychelles par l'intermédiaire de La Réunion et d'autres sujets qui concernent le développement économique des Seychelles, notamment les difficultés rencontrées dans la région dans le secteur de la pêche.

Au regard de la longueur du temps consacré aux entretiens avec le Ministre des Affaires étrangères, M. Jérémie Bonnelame, on peut en conclure que cette rencontre a été laborieuse ?

C'est juste le contraire. La rencontre a été très fructueuse. Nous avions beaucoup de choses à examiner, le souci d'approfondir un certain nombre de sujets pour essayer de faire avancer les solutions. Par exemple, les Seychelles souhaitent obtenir le soutien financier de l'Union Européenne, la France étant l'un des partenaires de l'UE, alors nous sommes bien disposés à nous faire l'avocat de la cause seychelloise. Pour cela nous avons examiné quels étaient les meilleurs moyens d'aborder cette question.

Ceci dit, il n'y a pas de nuage dans les relations franco-seychelloises et ce type de réunion montre à quel point justement nous sommes de manière pragmatique à la recherche de tout ce qui peut les renforcer.

Propos recueillis par Sam

 

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