|
Un nouveau
"challenge", c'est dans cette perspective qu'il insère les nouvelles
fonctions que le Président de la République vient de lui confier. Lui,
c'est Cedric Gustave Dodin, nommé en fin décembre Ombudsman (médiateur
en français) en remplacement de Me Bernardin Renaud qui, par le même
décret, est devenu le premier natif Seychellois à occuper le poste de
juge après l'indépendance.
Qui est le nouvel
Ombudsman ? Peu de gens, à l'exception peut-être de certains de ses
camarades de promotion, peuvent aligner plus de deux lignes sur lui
tellement l'homme est simple et discret.
Ce n'est pas le
genre à courir les cocktails ou les fêtes mondaines. Pour le rencontrer,
il fallait se rendre dans la cour du Tribunal où il a longtemps
travaillé comme Conservateur des Actes de l'Etat civil (Registrar
General). Il avait auparavant travaillé au bureau du Procureur genéral
après avoir été chargé de cours à l'Ecole Polytechnique.
Né le 11 mars 1965
à Anse Boileau où il a également fait ses études primaires, M. Dodin est
un ancien du Seychelles College où il a étudié depuis Form 1 jusqu'à
Form 3. Il fait partie également de la première promotion du NYS
(National Youth Service) qu'il a fréquenté de 1981 à 1982. C'est au
sortir de cette institution scolaire qu'il rentre à l'Ecole
Polytechnique (le lycée -1983-1985). Puis ce sera le Kingston
Upon-Thames Surrey, (en Angleterre) où, de 1986 à 1990, il prend une
Licence de Droit.
Revenu au pays, il
enseigne d'abord à l'Ecole Polytechnique, avant de commencer à gravir
les échelons de l'administration judiciaire.
- Assistant State
Counsel au BUreau du Procureur de 1990 à 1995
- Registrar General
d'octobre 1995 à décembre 2003
- Ombudsman depuis
décembre 2003. Un contrat de 7 ans renouvelable.
Pendant qu'il
exercait ces fonctions administratives, M. Dodin siègeait également dans
plusieurs comités importants :
- Chairman of
Employment Advisory Board de 1991 à 2003
- Chairman of
Children Board (aujourd'hui aboli) de 1994-1998
- Vice-président du
Tribunal de la Famille de 1998 à 1999
- Président du
Tribunal de la Famille de 1999 à 2003.
Mais aujourd'hui il
doit renoncer à toutes ces responsabilités pour "raison
d'incompatibilité". Il explique cette incompatibilité par l'indépendance
de l'Ombudsman.
Selon M. Dodin la
fonction d'Ombudsman invite à rester à l'écoute de tous les citoyens et
à être surtout "indépendant et impartial". Cette mission consiste à
traiter les réclamations concernant le fonctionnement des autorités
administratives.
La compétence de
l'Ombudsman est vaste dans la mesure où la notion d'administration est
entendue largement. Il s'agit en fait, explique-t-il, d'aider les
personnes qui rencontrent des difficultés dans leurs relations avec
l'autorité administrative. La procédure de réclamation est très simple
et ne demande aucune formalité particulière. Elle est également gratuite.
Lorsqu'un citoyen
saisit l'Ombudsman d'une réclamation, après en avoir examiné le
bien-fondé, il commence une médiation en s'efforcant de concilier les
points de vue du réclamant et des services concernés.
Dans ce contexte
l'Ombudsman peut faire toutes les recommandations qui lui paraissent de
nature à régler les difficultés dont il est saisi ainsi que toutes
propositions tendant à améliorer le fonctionnement de l'autorité
administrative.
L'Ombudsman dispose
de prérogatives particulières puisqu'il peut notamment faire des
constations sur place, se faire communiquer tous les documents et
rensegnements qu'il estime nécessaires et entendre les personnes
intéressées.
Cependant pour être
recevable, la plainte du citoyen doit être précédée de l'exercice des
recours administratifs organisés ainsi que des démarches nécessaires -
demeurées infructueuses - auprès des autorités intéressées aux fins
d'obtenir satisfaction.
Malgré tout le
bureau de M. Dodin ne désemplit pas. Les réclamants sont encore nombreux.
Le nouvel Ombudsman a hérité de nombreux cas qui attendaient d'être
résolus. Le processus est parfois long et lent, certains services se
montrant peu coopératifs.
Tous les ans
l'Ombudsman adresse un Rapport de ses activités à l'Assemblée nationale.
Il peut également faire des rapports intermédiaires s'il l'estime
nécessaire.
Ces rapports
contiennent des recommandations relatives aux mesures à prendre que
l'Ombudsman juge utiles et exposent les éventuelles difficultés qu'il
rencontre dans l'exercice de sa fonction.
Le nouvel Ombudsman
se dit bien heureux dans ses nouvelles fonctions beaucoup plus
enrichissantes et complètement différentes des précédentes où
l'essentiel du travail portait sur les procédures et documents d'Etat
civil. |