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Le fait que nos athlètes se sont qualifiés pour les Jeux est déjà
une bonne chose »
LES Seychelles viennent de participer
pour la quatrième fois aux Jeux de la Francophonie qui ont eu lieu au
Canada du 14 au 24 juillet dernier. Les représentants seychellois ont
regagné le pays les mains vides alors que les amoureux du sport
attendaient beaucoup d'eux.
M. Patrick Nanty, secrétaire général
du Ministère des Collectivités locales, de la Jeunesse et des Sports,
qui avait fait le déplacement comme chef de délégation, nous dresse
ici le bilan de la participation seychelloise.
Sports Nation : Etes-vous
satisfait de la participation seychelloise à la 4ème édition des Jeux
de la Francophonie qui se sont déroulés dans les villes canadiennes
d'Ottawa et de Hull ?
M.
Nanty : Je dirais que oui
parce que les Jeux permettent aux jeunes de la famille de la
Francophonie de se côtoyer tout en se mesurant sportivement. Notre présence
au Canada a renouvelé notre appartenance au mouvement francophone dont
nous faisons toujours partie.
Les Seychelles ont
toujours participé aux manifestations de la CONFEJES, parrain des Jeux
de la Francophonie, et nous avons même organisé des réunions de la
CONFEJES. Mme Sylvette Pool, notre ministre des Collectivités locales,
de la Jeunesse et des Sports, est l'actuelle doyenne de la CONFEJES.
Nous faisons de notre mieux pour être actifs au sein de ce groupement
et nous recevons, de la part de la CONFEJES beaucoup d'aides sous forme
de formation pour les athlètes et les techniciens.
Toutefois nous ne
devons pas confondre les Jeux de la Francophonie avec les Jeux
Olympiques ou les Jeux du Commonwealth ou même les Jeux Africains. Les
Jeux de la Francophonie sont différents des autres à cause de son
volet culturel, ce qui n'empêche pas les sportifs venant des pays
d'Afrique, d'Asie et d'Europe d'y participer avec l'ambition de gagner,
tout en se faisant des amis.
Il est important de
souligner qu'avec l'adhésion des pays comme la Pologne, la République
Tchèque, la Roumaine et l'Egypte où il existe une longue tradition
sportive de haut niveau, il est devenu très difficile pour les pays
comme les nôtres de remporter des médailles. Même si nos athlètes
sont parmi les meilleurs sur le continent africain, il leur manque un
petit quelque chose pour qu'ils puissent rivaliser avec les grandes
nations.
Sports Nation
: A votre avis, que doivent-ils faire ?
M.
Nanty : Ils doivent travailler
conséquemment pour hausser leur niveau, et c'est pour cette raison que
le ministère a mis sur pied la section Sports de Haut Niveau pour
rectifier certaines insuffisances.
Pour moi, le fait
que nos athlètes se sont qualifiés pour les Jeux est déjà une bonne
chose parce qu'il y a des athlètes de pays européens, africains et
asiatiques qui n'ont pas pu réaliser les minima. Je dois aussi ajouter
qu'en saut en longueur féminin, il y avait deux Seychelloises et deux
sauteuses du pays hôte. Je pense que nous devons tous accepter qu'il y
a eu des progrès en sports aux Seychelles, même s'il reste encore
beaucoup à faire, et que nous devons
travailler sans relâche pour continuer à progresser.
Sports Nation
: A votre avis tous nos
représentants se sont-ils battus au mieux de leur forme ?
M.
Nanty : Il est vrai que si les
sportifs seychellois avaient montré une plus grande envie de gagner,
ils auraient pu peut-être fait une meilleure prestation. Je ne cherche
pas à leur trouver des excuses mais il faut convenir qu'il y avait
aussi des problèmes techniques, tels l'encadrement et les
infrastructures.
Nous n'avons pas pu
assurer le déplacement d'une très grande délégation avec des entraîneurs
pour chaque discipline sportive à cause de la distance. Parce que cela
nous aurait coûté très cher même si le gouvernement canadien a pris
en charge le séjour d'un certain nombre de participants seychellois.
En ce qui concerne
la participation seychelloise en culture, nous sommes très fiers parce
que les Seychelles étaient le seul représentant de l'Océan indien en
chanson. Notre représentant Raymond Clarisse, accompagné par le groupe
Zenith, est allé en finale et c'est dommage qu'il n'ait pas eu une
place sur le podium. Après avoir vu leur spectacle, j'ai pensé qu'il
allait recevoir un prix, mais ça n'a pas été le cas. C'est la même
chose pour Christine Chetty, en peinture.
En somme, je pense
que le bilan des représentants seychellois est quand même positif dans
la mesure où cette participation nous a permis de voir ce que nous
devons faire pour hausser le niveau des nos athlètes.
Sports Nation
: Vous avez eu la chance de voir
les Seychellois en action au Canada. Certains ont réalisé des
performances en deçà des espérances. Comment jugez-vous leurs
performances ?
M.
Nanty : A mon avis, c'est un
problème de continuité. Un athlète peut réaliser un saut de 6,30 mètres
au saut en longueur au mois de janvier, mais s'il n'a pas la possibilité
de participer dans de bonnes compétitions avant un grand rendez-vous,
il est peu probable qu'il renouvelle cette performance. Il nous manque
des contacts avec l'étranger. Cela ne veut pas dire que nous devons
participer à toutes les compétitions internationales. Nous ne pouvons
pas le faire parce que ça coûte cher et nous sommes loin des autres
pays. Nous devons choisir les compétitions dans lesquelles nous
participerons.
C'est justement ce
que la section Sports de Haut Niveau doit faire en collaboration avec
les fédérations et associations. Nous devons aussi organiser plus de
compétitions internationales sur notre sol pour donner la chance à un
plus grand nombre d'athlètes seychellois de participer.
Une deuxième chose
: nous devons travailler la
psychologie des sportifs seychellois. Il existe des pays où l'athlète
doit absolument gagner une médaille quand il participe à une compétition.
C'est presque une exigence ayant des relents culturel, social voire économique.
Cet athlète peut se voir privé de sortie à l'extérieur s'il ne gagne
pas de médaille. Pour les Seychellois, c'est tout à fait différent.
Ce n'est pas la fin du monde s'ils retournent les mains vides et ils
auront la chance de participer une autre fois. Mais en tant que sportifs,
ils doivent toujours avoir la rage de vaincre pour leur pays et pour
eux-mêmes.
Je voudrais ajouter
que nous sommes en train de travailler sur un programme de psychologie
des athlètes. A cette fin, nous sommes à la recherche à l'étranger
d'experts capables de nous aider. Nous aimerions aussi que des
Seychellois se lancent dans une telle carrière afin d'aider nos
sportifs.
Sports Nation
: Est-ce qu'il y a un athlète
seychellois qui vous a frappé lors de ces Jeux ?
M.
Nanty : En considérant tous
les problèmes que l'équipe de tennis de table a rencontrés au Canada,
je dirais Rachid Rosalie. Ses résultats contre les joueurs des pays
francophones où le tennis de table est bien implanté, sont très
encourageants. Il est très jeune et nous devons l'encourager. En ce qui
concerne les autres athlètes, ils auraient pu faire mieux s'ils avaient
démontré l'envie de gagner, comme je l'ai dit plus haut.
Sports Nation : Comment
se dessine l'avenir des Seychelles au sein de la CONFEJES et de la
Francophonie ?
M.
Nanty : Comme d'habitude, nous
allons participer dans les différents programmes de formation organisés
par la CONFEJES et nous allons, à partir de maintenant, travailler avec
les jeunes sportifs qui ont été sélectionnés pour suivre le
programme de haut niveau afin qu'ils puissent remporter des médailles
dans des compétitions de haut niveau tels que les Jeux Olympiques.
Nous suivons de près
tous les programmes de formation qu'offre la CONFEJES et nous espérons
que le centre d'athlétisme à Maurice sera au même niveau que celui de
Dakar, Sénégal. M. Ronald Wong, le directeur général de la section
Sport de Haut Niveau, est présentement à Maurice où il aura des
discussions avec M. Jacques Dudal (NDLR : l'entraîneur français qui
travaille à Maurice) pour voir si les athlètes seychellois pourraient
y bénéficier de programmes d'entraînement.
Nous allons aussi
voir si des membres des fédérations et associations pourraient suivre
des cours d'administration.
Sports Nation
: Dans quelques jours s'ouvriront les troisièmes Jeux de la Commission
de la Jeunesse et des Sports de l'Océan Indien à Madagascar où,
avons-nous appris, défilera pour la première fois une délégation de
Mayotte. Comment réagissez-vous à cette participation de Mayotte qui,
à notre connaissance, n'est pas encore membre de la CJSOI ?
M.
Nanty : La délégation
sportive seychelloise ne trouve aucun inconvénient à ce que Mayotte
participe aux Jeux de la CJSOI à Madagascar, si cette participation est
faite dans le respect des règles et procédures établies par les pays
membres. Selon les dispositions de la Charte, le Conseil des ministres
doit nécessairement entériner la participation de toute nouvelle entité
aux activités organisées sous les auspices de la CJSOI.
Il semblerait que
cette participation a été décidée à l'issue d'une réunion des
Ministres de la CJSOI à Ottawa. Mais je peux vous assurer que j'étais
à Ottawa où en marge des 4èmes Jeux, j'ai représenté la Ministre
Mme Sylvette Pool aux travaux de la CONFEJES. J'ai également rencontré
le ministre français de la Jeunesse et des Sports, Mme Marie
Georges-Buffet, et Francine Mayer Chef du Bureau des Echanges des jeunes
et du Sport de haut niveau au ministère français des Affaires étrangères,
mais en aucun moment il n'a été fait allusion à une quelconque réunion
des pays membres de la CJSOI.
Sports Nation
: Les sportifs mahorais doivent, semble-t-il s'ajouter aux Réunionnais
pour former ce qu'ils ont appelé l'Equipe de France de l'Océan Indien.....
M.
Nanty : A mon avis toutes les
entités souveraines sont libres de participer sous le nom de leur choix
pourvu que cette participation accueille l'adhésion de tous les membres
et se fasse dans les règles.
Si les Seychelles sont toujours partie prenante
de toute action ou initiative visant à favoriser le rapprochement de la
jeunesse indiaocéanique pour plus d'échanges et de participation dans
la famille sportive régionale, elles souhaitent cependant que
toutes les démarches engagées dans ce sens se fassent conformément
à l'esprit des règles et procédures et dans le respect des
institutions établies.
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