|
La 4e édition des Jeux de la Francophonie, qui se
sont terminés mardi à Ottawa-Hull (Canada), a prouvé que l'événement
pouvait s'implanter, à
condition de définir s'il s'agit d'en faire un rendez-vous sportif
incontournable ou pour des athlètes en devenir.
A peine les premières gouttes de sueur tombées, le problème avait déjà
été posé par le directeur général du Comité d'organisation (COJF),
Rhéal Leroux, qui reprochait aux athlètes français de "snober"
le séjour au Canada.
La ministre de la Jeunesse et des Sports, Marie-George Buffet, répliqua
immédiatement en insistant sur des événements qui ne devaient en
aucun cas être des "sous jeux Olympiques". Le chef de la délégation
française, Pierre Albertini, évoquait une réunion "de la
jeunesse afin qu'elle exprime son talent", rappelant que Marie-José
Pérec et David Douillet avaient débuté leur parcours international
aux Jeux de la Francophonie.
Volonté politique plus que sportive, les Jeux ont du mal à s'inscrire
dans le calendrier des meilleurs sportifs de la planète, à l'image des
trois vedettes que s'est offert M. Leroux: la championne du monde française
de l'heptathlon, Eunice Barber, finalement forfait, le détenteur du
record du monde du décathlon, le Tchèque Roman Sbrle, discret
demi-finaliste au 110 m haies, et le Canadien Bruny Surin, médaillé
d'argent sur 100 m, grâce à la bienveillance des officiels qui n'ont
pas voulu l'éliminer en quarts de finale.
Pour autant, le niveau sportif moyen des compétitions a sensiblement
progressé. Profitant des Mondiaux d'athlétisme qui doivent se tenir début
août à Edmonton (Canada), le Maroc et la République tchèque, entre
autres, avaient convoqué leur équipe A, permettant l'amélioration de
quasiment tous les records de la Francophonie.
Chez les Français, Arius Filet est le seul à avoir réussi les minima
pour Edmonton, avec un triple saut de 17,15 m, meilleure performance
française depuis deux ans, tandis que dix tricolores présents à
Ottawa, au lieu des 25 escomptés, poursuivent leur séjour canadien.
Les sports collectifs ont également été de bonne facture. Dans un
tournoi de football très disputé, à l'image de la finale France-Maroc
(0-1), le Cameroun, malgré quatre champions olympiques dans ses rangs,
se classe seulement 4e.
75.000 spectateurs
L'autre satisfaction est venue des tribunes.
Certes, les 86 % de taux d'occupation annoncé par le COJF relève du
fantasme de l'organisateur uniquement soucieux de la "réussite
financière" de son entreprise. Mais la ferveur de l'assistance en
athlétisme et en football a permis de créer une véritable ambiance
festive. Au total, 75.000 personnes auront pu assister aux sept sports
pendant dix jours.
Enfin, le choix que va également devoir faire le Comité international
des Jeux de la Francophonie, avant la 5e édition prévue en décembre
2005 au Niger, concerne le terme francophone.
Venus de 52 pays et gouvernements ayant théoriquement le Français en
commun, beaucoup des 3000 athlètes et artistes ou des accompagnateurs
ont ainsi regretté d'entendre des participants ne pas pouvoir
s'exprimer en français.
|